Et là, j’aurais tant aimé pouvoir vous dire : « je l’ai, je l’ai, j’ai mon iPhone 4 !!! »
Mais en fait, je ne l’ai pas eu, et pourtant, je l’ai bien cherché. Mais avant de le chercher, je l’ai attendu, et à force de l’attendre, on s’aperçoit de petites choses qui vous titillent, vous semblent étranges si on y pense… Et là, c’est la lumière, on comprend tout… et on se sent bien, puis mal, puis à nouveau bien, puis enfin on s’interroge… Et là, je vais vous expliquer ce que je veux dire car je sens que n’allez pas tarder à cliquer ailleurs. Mais avant tout, laissez-moi vous raconter un peu ma journée…
Ce matin, n’ayant pas dormi de la nuit (pas à cause de l’iPhone, je ne suis quand même pas intoxiqué à ce point, enfin !), je me lève avec une seule idée en tête « mon putain d’iPhone de la mort, je vais te trouver et ramener, tu vas être à moi ». Ok, je suis un peu intoxiqué, je vous l’accorde.
Au petit dej’, j’ai un peu sondé Twitter pour voir ou en étaient les fanboy faisant la queue devant l’Apple Store depuis la veille. Ok, normal, il y a 250 personnes une heure avant l’ouverture, autant dire que là, c’est cuit. Et puis de toute façon, je ne peux pas y aller, j’ai une vie sociale moi, j’ai même un rendez-vous chez le médecin ! Le genre de rendez-vous que vous prenez 2 mois à l’avance, qui vous coute 2 mois d’abonnement Illymithics iPhone, et que vous ne pouvez bien entendu pas annuler.
Donc, à la sortie de mon rendez-vous, je trouve par hasard (et là, vous pouvez vraiment me croire, je vous rappelle que mon téléphone actuel n’est pas capable de m’indiquer quoi que ce soit de plus évolué que l’heure qu’il est…) un Espace SFR. Le Graal quoi. Je me gare à la Starsky et Hutch, ce qui signifie avec une Smart : à moitié sur les passages cloutés et en warning.
Je déboule dans l’espace SFR et OH que vois-je sur le comptoir : un vendeur qui remballe l’Iphone 4 de son nouveau client apparemment pas mécontent. Le prochain client, c’est moi, donc je ne trépigne pas, je reste super zen, en me disant: « Yeah, one again, I’m next baby »…
Mais il s’est passé un truc imprévu: le blond est entré dans le magasin. Oui, le blond, celui dont Gad nous parle tout le temps. Le blond qui a juste les clés de son Audi à la main, les lunettes de soleil sur la tête, et qui se trouve être plus bronzé que Barbara, la collègue la plus bronzée que je puisse avoir. Donc le blond, ni d’une ni de deux, ignore ma présence (car il fait 2 têtes de plus que moi, c’est normal, le blond fait toujours 1m95) et lance un tonitruant :
» Bonjour, vous avez l’iPhone 4 sans abonnement, j’en voudrais deux ». Et là, je vous jure que je n’exagère pas, il sort sa carte GOLD et la tapote sur le comptoir, l’air impatient… Un vendeur le regarde, m’ignore aussi et lui dit « Est-ce que vous avez réservé Monsieur ? », et là le blond répond :
« Ah non, je ne savais pas, mais j’en voudrais deux là, je suis assez pressé là ». Le vendeur lui répond « ah je suis désolé monsieur mais si vous n’avez pas réservé, je ne sais pas si ça va être possible ». Sur ces entrefaits (j’ai apprit ce mot il y a 15 jours, j’essaye de le placer de temps en temps…), arrive le boss du magasin, et Hop, je m’interpose et lui demande:
« Bonjour monsieur, je voudrais un iphone 4 32Go sans abonnement, ou en renouvellement, mais je ne suis pas sur d’avoir atteint un an depuis mon dernier renouvellement, enfin on va voir ce que vous pouvez me proposer, eh eh
»
« Vous avez réservé Monsieur ? »
« Et bien j’ai appelé la semaine dernière, votre collègue qui m’a dit qu’on ne pouvait pas encore réserver (nous étions alors le 15, jour de l’ouverture des réservations) et d’essayer de venir le 24 à l’ouverture, blah blah…. (ce qui bien sûr est totalement bidon, mais je voulais me laisser une chance de plus…) .
« Ah je vais regarder mais je crois que tout est réservé » et il regarde son stock sur son écran. « Tss, Monsieur, en effet il n’y en a plus de disponibles, si vous voulez vous pouvez le réserver pour le prochain arrivage, mais par contre je ne sais pas pour quand il est prévu »
- Mais vous êtes sûr qu’on ne peut pas s’arranger, je vous prends des accessoires, hein, je sais que vous faites tout votre bénef dessus, hein, cool mec, yo, top là, gimme five, hey, ça biche, wesh, tu veux être mon facebook friend, hein hein ? » Non, en fait, ce gars n’était pas le genre à entendre ça, donc en réalité, je lui ai seulement dit « euh, vous voyez, il faut absolument que je trouve un iPhone aujourd’hui, j’ai un pauvre téléphone de daube depuis une semaine, j’en peux plus. Y’a aucune possibilité là ?
- Non monsieur je suis vraiment désolé, je ne peux rien faire… »
- Bon, très bien, écoutez, merci quand même au revoir ». Et je sors du magasin.
Mais après quelques pas, je m’arrête. Je me retourne, et je vois que le blond n’est toujours pas sorti du magasin. Étonnant… Je reviens vers le magasin, et je vois un truc absolument incroyable : le blond est devant le terminal de CB, sa carte à la main, et 10 secondes après, je le vois taper ses putains de 4 chiffres sur le clavier. En face de lui, le vendeur, et deux boites d’Iphone 4.
J’ai eu du mal à savoir quoi faire. Je rentre dans le magasin et je fais un scandale ? Non, pas mon genre, pourtant j’en crève d’envie.
J’ai préféré partir, et me mettre en quête d’un autre Espace SFR. Ce que finalement je n’ai pas pu faire, beaucoup de boulot m’attendant…
Je n’accuse personne de vente à la tête du client, mais je ne fais que constater que le blond a eu ses deux Iphone, je ne sais pas ce qu’il a pu raconter aux vendeurs, alors qu’il n’avait pas réservé, et que moi, arrivé avant lui, je ne les ai pas eu.
L’espace SFR de Versailles, qui est en fait la société Red-Cell au 9, rue Ducis, à Versailles a donc refusé de me vendre un téléphone, et en a accordé deux à la personne qui est venu après moi. Même si les Espaces SFR sont des franchises et donc des sociétés indépendantes de SFR, je ne pense pas qu’une telle publicité puisse leur être bénéfique.
Un peu dépité, je suis parti bosser, mais le soir, j’ai quand même essayer d’autres espaces SFR et d’autres bouqtiques de téléphonie, mais c’était évidemment trop tard, on annonce désormais 3 semaines de délai pour les prochaines disponibilités de l’iphone 4.
Ais-je reçu une bonne leçon ? Sans doute, j’aurais du réserver.
Mais en revenant à ma réflexion de ce début de billet, comment puis-je être autant affecté pour ce qui n’est finalement qu’un smartphone, donc les caractéristiques sont en elles mêmes plutôt banales, dont le prix est exorbitant, la réception est de l’avis de tous calamiteuse, qui doit être rechargé tous les jours, qui oblige à utiliser un logiciel propriétaire pour gérer l’appeil et son contenu, et qui pourtant génère à chaque sortie d’une nouvelle version une telle folie, qu’aucun autre produit de consommation ne puisse reproduire.
Vraiment, en regardant à nouveau ce soir la vidéo de présentation de l’iPhone 4, j’ai eu un sentiment d’appartenir à une secte et de regarder la vidéo d’un gourou qui réussit à vous convaincre que son produit est une révolution, un must have absolu, que tu es vraiment un looser de première si t’achètes pas l’iPhone, et que de toute façon, tu vas l’acheter, puisqu’il est « amazing ».
Tout est dans le discours, et le besoin créé par l’outil marketing mis en place par Apple autour de produits dont je pense avoir été victime au fil des années. J’ai eu 2 iPod, 1 iPod Touch, 2 iPhone, 1 iMac, 1 MacBookPro, 1 iPad, et je suis désormais à la recherche d’un iPhone 4. Tout ça en 4 ans…
Jamais je ne me suis senti aussi accro à un produit, quel qu’il soit. Jamais je n’ai eu non plus ce sentiment d’être autant manipulé par une marque. Mais j’ai du mal à lui en vouloir, puisque ses produits sont réellement fantastiques, bien conçus et simplement si beaux.
Le plus terrible dans tout ça, c’est que si j’étais malin, j’acheterais un smartphone Android, j’ai testé quelques modèles et j’ai trouvé ça très bien. Mais je suis faible, je sais que je vais attendre patiemment la prochain disponibilité de l’iPhone 4, car je suis drogué, je suis accro, je ne pourrais désormais plus m’en passer.
« Bonjour je m’appelle Nicolas, et je suis un Apple Maniac.
- Bonjour Nicolas…